Alice Beaucent revient sur ses années à Lim’Art Bordeaux

par Audrey le 4 juillet 2018

Année après année, rentrée après rentrée, les étudiants défilent à Lim’Art, au sein de Bordeaux Ynov Campus. Chacun a sa propre personnalité, ses propres envies, et aura un parcours très personnel.

Et aujourd’hui, on retrouve avec plaisir Alice Beaucent, qui se remémore ses années à Lim’Art.

Quel a été votre parcours avant Lim’Art ?

J’étais au lycée, en section littéraire option Art, afin de commencer à me diriger vers des études artistiques.

Et pourquoi avoir choisi Lim’Art ?

J’ai choisi Lim’Art un peu par hasard… Je l’ai découverte lors de journées portes ouvertes et ça bouillonnait de créativité. C’était une école pleine d’énergie. Ça m’a séduit !

Quels ont été les cours les plus utiles ? Les plus passionnants ?

Paradoxalement, je dirais que les cours les plus utiles que j’ai pu avoir sont ceux de démarche créa. Et pourtant je détestais y aller ! J’avais un vrai problème avec l’idée de montrer mon travail et surtout de transcrire un nombre colossal d’hypothèses, que je ne savais pas viables dès le départ mais qui soi-disant nourrissaient ma créativité. Je me rends compte aujourd’hui que c’était vrai, et qu’un joli dessin n’est pas souvent utile alors qu’un petit gribouillage peu prendre tout son sens et devenir un vrai projet.

Le cours le plus passionnant auquel j’ai pu assister est celui de culture design porté par une personne merveilleuse. Ce n’était pas juste un cours, c’était un florilège d’anecdotes, d’histoires… on buvait littéralement ses paroles.

Avez-vous un souvenir ou une anecdote marquante de Lim’Art ?

Le jour où on m’a demandé de dessiner avec un coton tige. Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Sur le moment j’étais un peu déstabilisée, moi qui déteste l’imperfection dans mes dessins et qui doit lutter pour transformer une erreur en une possibilité nouvelle dans un croquis. J’ai vraiment dû prendre sur ma petite personne pendant la séance. Ça a bien fait marrer notre prof de l’époque d’ailleurs ! Avec du recul j’ai compris pourquoi il nous avait fait sortir de notre zone de confort, pourquoi il faut bousculer les codes. Ça permet de lâcher prise et finalement de quand même bien se marrer !

Pendant vos études, avez-vous fait des stages ? Quel en a été l’intérêt et l’impact ?

Bien évidement j’ai fait des stages durant mon parcours. Certains m’ont amené jusqu’en Afrique et dans d’autres pays européens. J’ai même grâce à eux obtenu le poste que j’occupe actuellement.

Après vos études, quel a été votre parcours (combien de temps avant emploi, postes occupés, etc.) ?

Après mes études je me suis accordée deux mois de vacances avant de prendre place au sein de l’ATELIER D’éco SOLIDAIRE. J’avais besoin de souffler après le mémoire, mais pas trop non plus, j’ai du mal avec l’idée de ne rien faire trop longtemps.

Quels sont vos réalisations préférées (toutes expériences pro confondus) depuis la fin de vos études et pourquoi ?

Il ne s’agit pas d’une de mes réalisations préférées mais plutôt d’un projet étrange que j’ai conduit durant les premiers mois de mon intégration au sein de la structure. J’ai en effet eu la lourde tâche de créer un modèle de maillot de bain soluble (seule la couture est soluble) le tout en récup… Je ne peux pas trop en dire plus, la commande est passée mais le projet n’a pas encore vu le jour. Et vu comme ça on peut se poser des questions sur l’utilité d’un tel maillot. Mais je vous assure, ce projet est très censé !

Quoi qu’il en soit c’est à ce moment-là qu’on réalise qu’on peut faire des projets vraiment loufoques et qu’on ne risque pas de s’ennuyer avec ce genre de commande.

Depuis quand travaillez-vous pour l’ATELIER d’éco SOLIDAIRE ?

J’y suis depuis maintenant 2 ans et demi.

Pourquoi ce choix d’entreprise ? Qu’est-ce qui vous plait ? Qu’est ce vous en retirez ?

J’avais déjà découvert cette entreprise durant mes stages. Ce choix professionnel s’est imposé assez naturellement. J’avais choisi pour sujet de mémoire, l’objet vivant et cycle de vie de l’objet. Il était donc assez évident qu’une structure comme L’ATELIER D’éco SOLIDAIRE était là où je me sentirais à l’aise et dans mon élément.

Ce qui me plait dans cette structure, c’est de réfléchir à comment je mets un nouvel objet sur le marché, comment après sa genèse il existe ou re existe avec une éthique et une valeur autre qu’une valeur marchande. De plus, la complexité que représente la matière au rebut est un véritable challenge de tous les jours. Elle s’impose à moi et je dois faire avec ses particularités. Optimiser sans cesse la fabrication en fonction des arrivages. Repenser les rapports formes / fonctions et faciliter le travail de l’équipe. C’est extrêmement épuisant mais très enrichissant. Dernier point non négligeable de mon travail c’est la diversité des gens qui m’entourent. Je ne suis pas juste designer. Mon travail est avant tout humain.

J’ai sous ma coupe des stagiaires, des personnes en situation de handicap, des jeunes dit en difficultés, des retraitées hyper actives… et nous collaborons tous autour d’une problématique commune : la réduction des déchets par le biais de la créativité.

C’est cet aspect-là qui fait la richesse de mon travail.

Alice Beaucent anime aussi des ateliers pour nos étudiants en Architecture d’Intérieur et Design de produits

A quoi ressemble une journée / une semaine type ?

L’avantage dans une recyclerie c’est qu’il n’y a pas de journée / semaine type. Je ne fais jamais la même chose ou très rarement. J’ai bien entendu des missions récurrentes comme alimenter le compte Instagram et par essence le traitement des photos qui va avec, ou encore préparer les 3D et plans de coupe en fonction des devis en cours.

Mais mes semaines se suivent et ne se ressemblent pas !

Quels projets vous occupent en ce moment ?

En ce moment je travaille sur un projet Européen que nous avons monté avec quatre autres pays partenaires. Je réalise les affiches, alimente la page Instagram etc. Je réalise également une plaquette d’informations sur le réseau des ressourceries et je tente de rattraper mon retard sur le traitement des photos. Les semaines ne sont pas assez longues…

Exemples de productions réalisées à l’atelier Déco Solidaire, ici lors d’un workshop avec nos étudiants

Comment et où vous voyez-vous dans 5 ans ?

Je ne suis pas très douée pour les projections dans le temps… On verra bien !

Si vous aviez un conseil à donner à votre « moi » de la première année à Lim’Art, quel serait-il ?

Lâche-toi ! Et va davantage en cours 😉

 

Merci à Alice d’avoir répondu à nos questions, et d’avoir ainsi enrichi nos témoignages d’élèves, comme par exemple ceux de :